14 mai 2008

Photo de la semaine (bis)

Oui, tout cela paraît un peu ténébreux et c'est en noir et blanc cette fois. Bien sûr je ne donne aucun indice pour le moment... seulement si vous séchez quelques jours, mais compte tenu de votre talent, je ne crois pas que ce sera nécessaire.

12 mai 2008

Photo de la semaine (le retour)

Après quelques semaines d'absence sur le blog, voici une image pour se remettre en jambes qui ne devrait pas trop poser de problème à ceux qui ont maintenant une grande habitude pour éclaircir les plus profonds mystères. Une précision : l'image est en couleur et n'a subi aucune modification. Et si j'ai une bonne réponse dans les quelques heures qui suivent, je vous en recolle une qui donnera du fil à retordre. A vos écrans.

Le numérique sonne le déclin de l’image vérité et inaugure l’information interactive


Jusqu’au XXème siècle la communication se faisait presque exclusivement avec des mots. Bien que le niveau de langue ne soit pas le même pour tous, il y avait une relation d’égalité entre l’émetteur et le récepteur qui possédait lui aussi les mêmes armes, qui pouvait opposer un discours à celui qu’il recevait. Seulement, depuis longtemps on a appris à se méfier des mots. Saint Thomas (je crois ce que je vois) inaugure la vision synonyme de vérité alors que le mot reste toujours suspect, source de mensonge, de croyance, de tromperie. L’expression orale demande confirmation, approbation, elle fait débat et certains religieux lui préfèrent même le silence.

Le XXème siècle restera comme celui de l’information et de l’image, la seconde donnant à la première la force et le crédit qui manquait pour toucher le plus grand nombre. Si on peut opposer d’autres mots aux mots, on ne peut rien opposer aux images. L’image reste dans les mentalités une portion de réalité qui n’est pas négociable, une part de vérité qui fait dire aux sociologues, à la fin du XXème siècle, qu’une information sans image n’existe pas. Pas seulement à cause de l’attractivité iconique mais surtout à cause du quotient de vérité qui s’en dégage. Un journal People ne serait pas vendable sans quadrichromies sur papier glacé. Dès qu’on a su imprimer des photographies, le dessin et la peinture ont perdu leur valeur informative pour devenir documentation subjective qui ne correspondait plus au positivisme en vogue.

Ce n’est que dans la seconde moitié du siècle qu’on remarqua le côté falsificateur des images. D’abord en dénonçant les photo-montages comme ceux des pays communistes qui sont restés célèbres. Ensuite en dissertant sur l’adjonction du commentaire : Chris Marker dans Lettre de Sibérie (1958) montra que les mêmes images, avec des mots différents, pouvaient être interprétées de façon diamétralement opposée. Enfin en décortiquant le montage qui peut vite s’assimiler à une falsification comme le montre le micro-trottoir par exemple.

L’image transita lentement de vérité universelle à interprétation possible donc subjective.

Parallèlement, l’information au cours du siècle se transforme en communication. Domenach nous dit en 1950 : « Il devient de plus en plus difficile de séparer la propagande politique de l’information ». La seconde partie du XXème marque la fin du journalisme d’investigation (du mois en France) et le développement du journalisme d’opinions. A cela deux explications : la première est financière – on ne peut plus employer un journaliste à temps complet sur une recherche de plusieurs mois avec un résultat aléatoire. La seconde est pratique – tous les médias sont abonnés aux mêmes agences d’informations et reçoivent donc les mêmes dépêches. Le journaliste devient alors le commentateur d’un événement pour lequel il va prendre parti et même s’engager sans plus trop vérifier ses sources, ce qui entraînera les dérives collectives demeurées célèbres. Reste pour l’image d’apporter la preuve de la justesse de l’analyse : je dis la vérité, comme on le voit sur la photo.

La fin du XXème siècle marque un virage essentiel pour l’image et par contrecoup pour l’information. Les rôles de destinataire et d’émetteur, immuables jusque là, en viennent à s’interchanger. La majorité des scoops sont aujourd’hui réalisés par des amateurs, depuis les avions percutant les Twin Towers jusqu’aux tortures des prisons américaines en Irak. Le citoyen est muni en permanence d’un enregistreur d’images qu’il peut activer sans même se faire remarquer. L’internaute, lui, reçoit les informations en même temps que les rédactions des journaux. Il peut immédiatement les commenter sur son blog et le milieu journalistique ne possède plus le monopole de la diffusion. De plus le Net lui donne accès à des banques d’images en ligne. Le consommateur devient à son tour producteur de texte et diffuseur de photos.

L’image n’est plus une trace mais une série de calculs et l’utilisateur, muni d’un logiciel de retouche, réalise qu’une photographie est avant tout un produit fabriqué. Nous sommes loin du «ça a été» de Barthes, de l’empreinte d’une réalité. La photo devrait perdre prochainement le lien qui la rattache à la notion de vérité incontestable. Le public devrait sortir de «l’analphabétisme iconique», en reprenant l’expression de Derrida, pour prendre conscience que l’image obéit à une série de codes dont il ignorait jusqu’à présent l’usage. Le numérique remet au goût du jour le travail des sémiologues des années Soixante qui voyaient dans la BD, le cinéma, le photo-roman un nouveau langage. Les gros plans, travelling, zooming et autres fondus qu’on ne remarque même plus quand on les subit prennent un tout autre sens quand on les utilise : ils posent question et on comprend alors que leur usage n’est pas fortuit.

Pour résumer, l’image photographique est en train de perdre l’attribut qui a fait son succès pendant tout le XXème siècle : la preuve indiscutable. Par ricochet les médias, privés de cet argument, tout comme de l’exclusivité de l’information, n’ont plus qu’à susciter des débats contradictoires en donnant aux récepteurs un rôle d’acteurs occasionnels. On le remarque aujourd’hui partout : un article en ligne ne se conçoit plus sans ses commentaires, les débats télévisés donnent la parole aux spectateurs qui assistent à l’émission, quand ce n’est pas aux téléspectateurs qui interviennent depuis leurs bureaux, en se filmant avec leurs Webcams. L’information est émaillée d’interviews de citoyens dont on mentionne les noms et qualités en bas de l’écran : Michel X rescapé, Marie Y touriste. Le procédé est pourtant souvent pervers et ressemble fort à de la démagogie : il consiste à faire croire que ce n’est plus le média qui émet une opinion mais le public lui-même, comme s’il existait un consensus auquel on ne peut rien objecter puisqu’il se proclame majoritaire… mais en occultant qu’il existe un montage préalable et que la télévision tourne aujourd’hui dans une proportion de 40 heures pour 1 heure d’émission diffusée.

Pour l’image comme pour l’information, la conjugaison du numérique et d’Internet entraînera inévitablement une redistribution des rôles qui n’est pas encore bien clairement définie mais qui, à coup sûr, amènera à repenser tout le système médiatique s’il veut éviter le naufrage, comme aujourd’hui celui subi par les journaux et, à plus ou moins long terme, les chaînes télévisées généralistes. Ne pas perdre de vue que l’internaute moyen (près de la moitié de la population française) est aujourd’hui capable, techniquement du moins, de produire les services dont les médias possédaient jusqu’à présent le monopole : commenter l’actualité en l’illustrant d’images d’archives (comme on le constate sur Agoravox), proposer des divertissements interactifs, créer son propre groupe de relations bref communiquer. Entrant ainsi en concurrence directe avec des médias de plus en plus enclin à oublier leur rôle informatif.

Illustration : Haut - Abou Ghraib, image prise par un amateur et diffusée sur le Net.

Bas - Photo de charnier qu'on a tenté dernièrement de faire passer pour la catastrophe d'Hiroshima (le Monde) et qui se révèlera une vue du tremblement de terre de Kanto en 1923

Cet article est en ligne sur Yahoo actualités et sur Agoravox

16 avril 2008

Photo de la semaine

Voilà depuis Thasos, une île du Nord de la Grèce, la photo de la semaine. Contrairement aux apparences, elle est en couleur et représente un objet assez courant. Un grand merci à Claude pour ses deux dernières énigmes et encouragement aux autres à donner des images, eux aussi, s'ils pensent que certaines de leurs archives peuvent faire l'affaire.

08 avril 2008

Char Leclerc, défilé du 14 juillet, par Claude

Voilà une image de Claude bien définie, sans transformation apparente et avec tous les détails souhaités et un caractère industriel et coloré. Pour l'instant cela ne m'évoque pas grand chose mais laissons décanter un peu. Que dire de la semaine dernière? Je connaissais ce type d'image pour l'avoir pratiquée dans ma jeunesse : les poses longues sur des sujets lumineux. Je devais être avantagé donc... La semaine prochaine, je serai toujours en mission mais je donnerai une photo mystère tout de même. A moins, bien sûr, que cette énigme de Claude ne soit pas découverte...

04 avril 2008

Manège de nuit en pose longue, par Claude


Voici cette semaine une image proposée par Claude depuis l'île de la Réunion. Je ne possède aucune information sur cette prise de vue... bien que ces courbes lumineuses me rappellent des souvenirs mais je les garde pour les commentaires. Bravo à Mini Véga pour la dernière énigme, même si certains n'étaient pas loin du but.

26 mars 2008

Plafond d'une grotte de l'Antarctique

Voici une image qui n'est pas très bonne et que je dois avouer avoir volée sur un site. Aucun artifice et dans le bon sens. De quoi vous donner le moral !
Encore merci à Claude et sa vue aérienne de rizières et de serres (prise dans quel pays?) qui a intrigué pendant toute la semaine. Bravo à Scarpino pour avoir su prendre du recul et resituer l'échelle. N'hésitez pas à proposer d'autres images pour peu qu'elles satisfassent aux critères demandés. Je suis moi-même, après deux ans et plus de cent mystères, un peu à court pour en trouver avant l'été, époque où je referai le plein, soyez-en sûrs.

Tibet : éviter la dérive émotionnelle

A l’heure où toute la presse et les chaînes de télévision prennent fait et cause pour le «combat du peuple tibétain» et contre la «répression sanglante» des autorités chinoises, n’y a-t-il pas lieu, en s’éclairant des événements du passé, de s’interroger sur les prises de position occidentales face aux conflits de ces dernières décennies, en essayant de comprendre la pression que les médias exercent pour influencer les opinions ?

Dans le cas du Tibet nous assistons aujourd’hui à un matraquage de l’information qui semble avoir trouvé là un sujet porteur et n’émet pas le moindre doute quant à la responsabilité de ce que certains appellent même un « génocide culturel ». Ce monde journalistique semble en effet aujourd’hui œuvrer vers la simplification en distribuant les rôles : celui du bon et donc aussi celui du méchant. Tout comme George Bush, pourtant tellement moqué, qui évoquait les « forces du mal » pour justifier sa guerre en Irak.

Quand on examine rétrospectivement les événements, il est curieux de constater que, presque chaque fois, les médias occidentaux ont pris une position unilatérale et définitive pour l’un des belligérants. Chaque fois les journalistes sortent de leur rôle qui devrait rester celui d’informer pour se transformer en sorte de justiciers détenteurs de vérités premières. Et pourtant, souvent les héros, une fois détenteurs du pouvoir, déçoivent. Au point même que parfois on en vienne à exprimer des regrets. Cette attitude médiatique se fonde sur un principe simple : à un mal ne peut succéder qu’un bien. Forte de son expérience, l’histoire aurait dû enseigner que le pire est souvent à venir.

Toute l’Europe a soutenu la «juste lutte du peuple nord-vietnamien» face à l’ogre américain. Le régime khmer de Pol Pot avait la sympathie de toute l’intelligentsia française, depuis Sartre jusqu’à Foucault, qui l’exprimait dans les colonnes des journaux de l’époque. Toute la presse a conspué le Shah d’Iran en applaudissant à tout rompre le retour triomphal de l’ayatollah Khomeini. Tous les médias ont pris parti pour le père Aristide contre Duvalier et ses Tontons Macoutes, figures emblématiques de tueurs sanguinaires. Il arrive même que, sans crier gare, les sympathies se retournent : Saddam Hussein a longtemps joué le rôle du bon avant d’endosser celui du diable en 1991, au début de la première guerre du Golfe. Et pourtant le gazage des populations kurdes date de 1988, trois ans avant sa diabolisation. La volte-face fut si rapide que les pilotes des avions Mirage que la France venait de vendre étaient encore en stage de formation dans notre patrie des «droits de l’homme» quand le conflit a éclaté. Quand la vérité est compliquée on ne peut la dire que de manière compliquée (Pierre Bourdieu). Et rendre compte de la complexité paraît aujourd’hui au-dessus des forces médiatiques qui se contentent, le plus souvent, d’une simplification enfantine et manichéenne.

Les années 70 sont le point de départ en même temps du soutien politique à tout crin pour des régimes que l’on croit justes et de la compassion humanitaire relayée par le drame en direct à la télévision. La presse américaine s’attribue la victoire dans sa lutte pour mettre un terme aux opérations vietnamiennes. Ces années coïncident avec la prise de conscience par la télévision de son influence sur l’opinion, par ricochet sur le politique et donc de son immense nouveau pouvoir. C’est à partir de cette époque, en s’appuyant sur une opinion qu’elle a elle-même forgée, que la sphère médiatique se sent investie d’un rôle moral qui consiste à séparer le bien du mal. A partir de cette époque, et en utilisant souvent à son insu les ONG, qu’elle lance des croisades mondiales pour un monde meilleur, c’est-à-dire qui lui ressemble. Ce faisant, elle s’octroie, par assimilation avec les pays où elle agit, un rôle de donneur de leçons comparable à celui de la diplomatie coloniale du XIXème siècle ou encore celui des pères de l’église dans leurs missions évangélisatrices chez les bons sauvages..

Cette emprise des médias sur l’opinion se fait par l’intermédiaire des images présentées comme la seule vérité possible. Les photographies émeuvent et en même temps signent une garantie d’authenticité. Comment, dès lors ne pas résister à la tentation de la mise en scène ? Très vite la dérive devient avérée, l’imposture fréquente. Rony Brauman écrit à propos du Biafra et ses enfants faméliques : A peine inauguré, le témoignage humanitaire rencontrait déjà ses limites dans l’instrumentalisation des images de détresse. Souvenons-nous de la mise en scène de la chute de Ceaucescu présentée comme un soulèvement populaire en direct contre le dictateur, les faux charniers de Timisoara. Plus grave, puisque lourde de conséquences, la diffusion télévisée du témoignage de cette inconnue qui souhaitait garder l’anonymat pour éviter les représailles : elle racontait, la gorge noyée de larmes, un massacre de 319 nourrissons dans un hôpital koweitien qui émut tant que les parlementaires du Congrès, par seulement cinq voix de majorité, donnèrent le feu vert à l’opération «Tempête du désert». L’opération fit directement et indirectement près d’un million de morts et des centaines de milliers de blessés. Rony Brauman remarque encore : Qui s’est intéressé au sort des civils irakiens pour lesquels nul « corridor de tranquillité », nul « couloir humanitaire » n’a paru nécessaire ? L’inconnue n’était autre que la fille de l’Ambassadeur du Koweit aux Etats Unis qui possédait assurément de grands talents théâtraux. On peut légitimement penser que ce conflit mondial aurait pu tourner différemment si la chaîne avait pris soin de vérifier l’information du massacre des nourrissons.

On en vient aujourd’hui à mesurer les chances d’une opération humanitaire non pas au désarroi de la population concernée mais à sa visibilité. Lu hier encore dans le Monde l’interview du représentant de l’ONU en Somalie : La Somalie est abandonnée par la communauté internationale. Question du journaliste : Avez-vous du mal à mobiliser l’attention sur la Somalie ? En effet, le problème se pose en ces termes. Le soulagement d’un désastre humanitaire est fonction de son écho médiatique. Difficile d’oublier la remarque d’un responsable de l’information d’une chaîne de télévision à propos de cette même Somalie qui déclara un jour : les téléspectateurs sont las de ces drames africains, désespérément semblables à eux-mêmes au fil des années. La bonne conscience médiatique n’a, en revanche, pas été blessée d’assister sans broncher au génocide rwandais qui fit entre 500 000 et un million de morts selon les sources. Il faut dire que le conflit tombait mal et que comme le rapporte Philippe Boisserie, la consigne de la direction de l’information de France 2 était en avril 1994 : Tu fais l’évacuation des Français et puis tu rentres, on n’est pas là-bas pour faire des sujets sur les noirs qui s’entretuent, de toute façon, ça n’intéresse personne.

En revanche aujourd’hui le Tibet paraît intéresser alors que les problèmes datent de 1950. La proximité des Jeux Olympiques rend le suspense à son comble. Boycott, pas boycott, sondages, prises de position, fausse objectivité médiatique : on entend uniquement les athlètes favorables à une action symbolique en faveur des « droits de l’homme » alors que la grande majorité, plus préoccupée de ses performances, reste favorable à la tenue des jeux sans aucune réserve. On fait venir sur les plateaux des acteurs convertis au Bouddhisme qui louent les vertus des moines tibétains. Avant-hier banderole déployée par des exilés tibétains à Paris le front ceint du bandeau pendant une émission de télévision. Hier à Olympie, banderole brandie par trois membres de Reporters sans frontières au départ de la flamme. Un scoop qui fait ce matin plus de bruit que la cérémonie elle-même. Pas d’image du conflit, simplement des plans d’archives qui ne montrent rien d’autre que touristique, parce que, précise-t-on, les reporters sont interdits de Chine… comme ils l’ont été de la Guerre du Golfe, mais qui s’en souvient ? Nombre de morts tibétains fluctuant (une dizaine, plusieurs dizaines, au moins 140, selon les sources), informations incertaines.

Prendre parti implique un minimum de connaissances sur la question. Or que savons-nous au juste d’une révolte menée, semble-t-il, par des religieux qui revendiquent au delà de leur « chef spirituel » le Dalaï Lama ? Que savons-nous d’un gouvernement en exil devant lequel le médiatisé Dalaï a promis de s’effacer mais qu’on n’entend pas, ou à qui personne ne donne la parole ? Que penser de ce saint homme «découvert» à l’âge de trois ans, d’essence quasi-divine et vénéré comme tel, capable de générer une véritable théocratie, système politique aux senteurs d’une autre époque ? L’indépendance du Tibet déboucherait-elle sur un état religieux ? Que savons-nous des problèmes intérieurs de la Chine, ce gigantesque état de 1,3 milliards d’individus qui redoute un éclatement de ses régions ? Que savons-nous du sort réservé aux 1,5 million de Chinois Han (pour 5 millions de Tibétains) résidant au Tibet si l’indépendance était prononcée ? Les indépendantistes dans un conflit ont-ils toujours raison ? N’est-il plus concevable, comme l’ex-Yougoslavie tend à le montrer, de regrouper des populations différentes pour vivre dans un même état ? L’île de Formose, ennemi juré, ne vient-elle pas d’élire un Président favorable au rapprochement avec la Chine ? La réalité du terrain serait-elle plus complexe que le simplisme journalistique voudrait nous le faire croire ?

Il n’est pas ici question de nier le colonialisme chinois au Tibet mais de s’étonner que l’information semble soudain s’en émouvoir et prendre violemment parti en faveur d’une insurrection pour laquelle elle manque cruellement de renseignements. Ou plutôt de constater que la proximité des Jeux Olympiques rend le sujet vendable et que les indépendantistes tibétains savent bien en tirer profit, on ne saurait leur en vouloir. Je citerai, en conclusion, une phrase de René Backman, journaliste au Nouvel Observateur, spécialiste de l’Asie et du Proche Orient : D’approximation en simplification, l’incompétence ajoutant à la manipulation, les médias ont fini par oublier leurs repères et laisser la communication, insidieusement, se substituer à l’information. Quant au Tibet, il serait bon que l’information remplisse enfin son rôle d’aide à la compréhension plutôt que de nous entraîner, en utilisant des moyens contestables, dans des réactions émotionnelles, certes porteuses d’audience, mais sans lendemain.

Cet article est publié sur Yahoo et sur Agoravox

20 mars 2008

Rizières vues du ciel


Je suis très heureux de constater que les intervenants mettent en ligne des images mystérieuses à découvrir. J'attire pourtant leur attention sur deux points :
- L'image doit être d'une qualité suffisante pour que la difficulté de reconnaissance ne soit pas due à sa piètre définition ou à une intervention informatique qui la rendrait méconnaissable. Le mystère doit rester sur l'objet et pas, par exemple, sur les quelques pixels résultant d'un agrandissement démesuré.
- Le but du jeu n'est pas que le mystère reste inviolé mais que le spectateur perçoive une réalité qu'il a déjà appréhendée mais avec une approche différente. En clair, je préfère une image étrange d'une prise de courant plutôt que celle d'un objet qui n'existe qu'en trois exemplaires dans le monde et que peu de gens auront la chance d'avoir vu.
Le toit était, à mon sens, un bon sujet mais la qualité de l'image l'a rendue abstraite. Enfin pas pour tout le monde, heureusement que Claude était là. Claude qui nous propose aujourd'hui cette énigme qui n'est pas un modèle de qualité technique. On verra bien si cela en inspire certains...